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Croissance du Sénégal en 2015

Le Sénégal renoue avec la croissance en 2015
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La chute des cours du baril de pétrole aura des conséquences sur la croissance en Afrique subsaharienne qui va chuter à 4% pour 2015. Mais le Sénégal, pays importateur, rame à contre-courant et renoue avec la croissance avec 5,4%.
Au moment où le continent africain subit les contrecoups de la chute du prix du baril de pétrole, le Sénégal renoue avec la croissance. Selon le dernier rapport d’Africa pulse, une publication semestrielle de la Banque mondiale, pour l’année 2015, avec 4% de croissance prévus contre 4,5% en 2014, l’Afrique subsaharienne va connaître son plus faible taux de croissance depuis 20 ans. Malgré tout, le Sénégal et quelques autres pays importateurs de pétrole tirent leur épingle du jeu. «Des pays importateurs de pétrole comme le Sénégal, le Kenya et la Côte d’Ivoire devraient conserver une croissance forte», souligne le rapport d’Africa Pulse qui a été présenté hier au cours d’une vidéoconférence.
Présent à la rencontre, Serigne Moustapha Sène, Directeur de la prévision et des études économiques (Dpee), indique que pour le Sénégal, le taux de croissance est projeté en 2015 à 5,4% contre 4,5% en 2014. «Nous sommes au dessus du taux de croissance de l’Afrique subsaharienne», indique M. Sène, qui explique que ses services ont conduit une étude sur les impacts sur la croissance de la baisse des prix du baril et de l’euro auquel le franc Cfa est arrimé. «La croissance du Sénégal a été stimulée par ces deux chocs, malgré quelques pertes de recettes», indique M. Sène. Le baril de pétrole, qui est passé de 100 dollars à 60 dollars en quelques mois, va permettre de dégager des surplus qu’il faudra réinvestir dans d’autres secteurs.
Vera Songwe salue les perspectives du Sénégal
La directrice des Opérations de la Banque mondiale à Dakar, Vera Songwe, salue ces bonnes perspectives et souligne que le Sénégal a enregistré une croissance du Produit intérieur brut (Pib) ainsi que du taux de rendement des investissements. Selon Mme Songwe, dans un environnement international marqué par la crise financière, les investissements étrangers vont se raréfier. Raison pour laquelle, selon elle, des pays comme le Sénégal doivent être plus performants ; mais surtout se concentrer sur des investissements de maintenance. «C’est bien d’investir dans une route, mais si on n’investit pas dans sa maintenance, ça veut dire qu’elle va tout de suite se dégrader», souligne la fonctionnaire internationale. Elle donne également l’exemple du secteur agricole. «Ce que le rapport montre, c’est que aujourd’hui, l’agriculture ne participe pas tellement à la croissance. Il faut donc faire les choses différemment. Et nous avons un très bon exemple avec l’horticulture qui est en train de beaucoup contribuer à la croissance, alors que nous souffrons du côté de l’arachide», souligne Mme Songwe, qui propose une réorganisation des filières pour assurer à la fois des exportations et de la création d’emplois.
Ralentissement dépassé en 2016
Selon les auteurs du rapport d’Africa Pulse, ce ralentissement de la croissance de la région devrait être dépassé dès l’année prochaine avec des perspectives de reprise de la croissance et un redressement attendu à 4,5%. Mais en attendant, M. Francisco Ferreira, économiste en chef de la région Afrique à la Banque mondiale et Mme Punam Chuhan-Pole, économiste principale à la région Afrique mondiale, incitent les pays africains à diversifier le panier de leurs exportations. Ils expliquent que le ralentissement de la croissance n’est pas le seul fait de la chute du baril. Africa Pulse souligne que «les prix des autres matières premières sont désormais davantage liés à ceux du pétrole». Et aussi bien le fer que le cuivre et le coton ont enregistré des baisses sur leurs cours mondiaux de respectivement 37, 13 et 17%. «Les 36 pays africains qui verraient leurs termes de l’échange se dégrader abritent 80% de la population du continent et représentent 70% de l’activité économique», indique la Banque mondiale.
Mame Woury THIOUBOU/lequotidien.sn

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